Vous avez sans doute déjà vu passer ce genre de message :
« 🎉 Un nouveau projet soutenu par Bernard Arnault a déjà rendu plus de 10 000 personnes heureuses en France ! Cliquez ici pour participer : https://share.google/... »
Ou la variante : « Bill Gates donne 5 000 € à toute personne qui clique avant minuit », « Elon Musk lance une crypto révolutionnaire », « CR7 distribue ses gains à ses fans »…
Toutes ces variantes sont la même arnaque. Elle s'appelle, en jargon, l'arnaque par usurpation de célébrité (celebrity impersonation scam), et elle vole des millions d'euros chaque année. Voici comment elle fonctionne.
Pourquoi Bernard Arnault ?
Les arnaqueurs choisissent toujours la personne la plus riche du moment dans le pays cible. En France : Bernard Arnault. Aux États-Unis : Elon Musk ou Jeff Bezos. Au Royaume-Uni : Richard Branson. La logique : « si quelqu'un est milliardaire, il peut bien donner un peu d'argent » — c'est ce que le scénario veut faire croire.
Le visage et le nom sont récupérés directement depuis des photos publiques. Aucune autorisation, aucun lien réel avec la personne.
L'arnaque en 3 étapes
Étape 1 : Le clic
Vous cliquez sur le lien. Il vous emmène vers une page qui ressemble à un vrai site d'actualité (souvent imitant Le Figaro, BFM, Capital, 20 Minutes) avec un faux article. L'article raconte que Bernard Arnault a découvert une « plateforme d'investissement révolutionnaire » et que la rédaction l'a testée avec des résultats incroyables.
Tout l'article est faux. Les images sont réelles mais détournées. Les commentaires en bas sont fabriqués.
Étape 2 : L'inscription
L'article vous redirige vers une « plateforme d'investissement » (avec des noms comme Quantum AI, Bitcoin Trader Pro, Immediate Edge, etc.). On vous demande votre prénom, nom, téléphone et email.
Cinq minutes plus tard, un commercial vous appelle. Il est sympa, parle votre langue, vous explique comment investir 250 €. Vous voyez votre solde monter sur leur faux tableau de bord. Vous voulez retirer ? Il faut d'abord « débloquer » votre compte en payant des « frais ». Vous payez. Puis encore des frais. Puis des taxes. Puis…
Étape 3 : Le silence
Au moment où vous comprenez, le commercial cesse de répondre. La plateforme disparaît ou est inaccessible. Votre argent est parti vers des comptes à l'étranger, souvent intraçables.
Les victimes perdent en moyenne plusieurs milliers d'euros, parfois bien plus.
Comment reconnaître la version WhatsApp en 5 secondes
Les messages WhatsApp ou Facebook qui mènent à cette arnaque ont presque toujours :
- Un nom de célébrité comme accroche (Arnault, Musk, Gates, etc.)
- Une promesse d'argent facile sans contrepartie claire
- Un compteur ou un nombre rond (« 10 000 personnes », « 5 000 € »)
- Un lien raccourci (
bit.ly,share.google, etc.) qui cache la vraie destination - Aucun rapport avec votre vie réelle — c'est envoyé en masse
Si vous voyez ces signes, c'est une arnaque, point.
Ce qu'il faut faire
- Ne cliquez pas. Pas même par curiosité — certains liens chargent du code malveillant.
- Ne partagez pas. Beaucoup de victimes transfèrent le message à leur famille, ce qui élargit la portée de l'arnaque.
- Signalez le message sur WhatsApp (appui long → Signaler) et bloquez l'expéditeur.
- Avertissez la personne qui vous l'a envoyé qu'il s'agit d'une arnaque — la plupart du temps, c'est quelqu'un qui s'est lui-même fait piéger.
Et si vous avez déjà commencé à « investir » ?
Si vous avez envoyé de l'argent et que vous lisez ceci :
- Arrêtez immédiatement toute communication avec la plateforme et le commercial.
- Contactez votre banque pour signaler la fraude et essayer de bloquer les futurs prélèvements.
- Faites un signalement sur
cybermalveillance.gouv.fr(France) ou à la cybercriminalité de votre pays. - Déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie. Même si la récupération de l'argent est rare, cela aide les enquêtes.
Vérifier un lien suspect avant de cliquer
Vous pouvez nous transférer n'importe quel lien ou message suspect sur WhatsApp. Notre IA analyse le contenu en quelques secondes et vous indique le niveau de risque. Gratuit, anonyme, en français, arabe ou anglais.